Medias

Le CDI (Centre de Documentation et d’Information) a bien changé depuis les années 2000 et l’arrivée d’Internet. Il est à la fois un lieu physique (la bibliothèque) et un lieu virtuel (les ordinateurs, Internet, les ressources hors CDI sur le Cloud).

Le CDI est toujours un lieu de lecture, de consultation et de prêt, d’animations, d’expositions culturelles, mais aussi le lieu de tous les médias de notre monde du XXI° siècle. En cela il ressemble aux médiathèques qui ont du elles aussi s’adapter à ce nouveau monde et à de nouvelles demandes des usagers.

Les élèves utilisent les documents imprimés et maintenant les documents numériques, les médias, les réseaux sociaux en particulier, à tout instant, dans leur vie quotidienne, comme la « Petite Poucette » de Michel Serres ; mais qui sont-ils ces soit-disant « digital natives » qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité se suffiraient à eux-mêmes pour grandir sans les adultes ? Les « digital natives » : un mythe.

Les adolescents le disent eux-mêmes, l’accompagnement de l’adulte averti leur est indispensable comme pour tous les apprentissages de leur vie adolescente. C’est ce que l’on peut lire dans les enquêtes d’Anne Cordier et dans son livre « Grandir connectés. Les adolescents et la recherche d’informations ».

« […] l’un des grands mérites de l’auteure du livre – Anne Cordier, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication après avoir été professeur documentaliste –, c’est de se tenir à bonne distance des discours globalisants sur les « digital natives » et la « rupture anthropologique » qu’ils sont censés illustrer. Des discours oublieux du fait que la culture numérique se construit, s’expérimente à travers des interactions sociales, oublieux du fait que les frontières générationnelles sur ces questions ne sont plus aussi clivantes, et enfin des discours laissant souvent de côté le fait que certains jeunes sont exclus ou fort mal insérés dans cette culture numérique. Deux exemples à ce propos font l’objet de critiques répétées de la part d’Anne Cordier : celui de l’ouvrage très médiatisé de Michel Serres, Petite poucette (vision enchantée d’une jeunesse mutante), et celui de l’ouvrage Le pouce et la souris de Pascal Lardellier (vision un peu condescendante). »

A lire sur le site de l’ENSSIB  (L’École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques)

Extraits de « Grandir connectés ». Paroles d’adolescents  toujours dans la critique du livre dans ce même site :

« – Quand on fait une recherche pour nous, on s’en fout si elle est fausse ou si elle est vraie. On fait la recherche, et puis c’est tout.

– Ce qui change, c’est pour quoi la recherche on la fait. Si on la fait pour nous, on s’en fiche, mais si on la fait pour les TPE, que c’est noté, important, tout ça, alors on va vérifier. » (p. 251)

« Que tout le monde s’y mette ! Que les parents, ils soient plus informés, que les profs, ils soient mieux formés aussi, et puis que les adultes en général, ils nous fassent un peu plus confiance, et qu’ils nous aident à nous améliorer. J’ai envie de dire, de crier même [il met ses mains en porte-voix] : On a besoin de vous ! » (p. 291) »

Il faut vérifier : autrefois, on n’utilisait que les documents imprimés dans les CDI ou les bibliothèques, censés avoir été validés par le(la) professeur documentaliste ou le(la) bibliothécaire, même si tous les documents n’étaient pas à cent pour cent fiables : il était alors demandé aux élèves pour une recherche documentaire, de confronter les sources à partir de plusieurs documents (livres et revues) et d’exercer leur esprit critique. Aujourd’hui, les documents numériques sur le web sont de provenance diverse, et ne sont pas validés. Ce sont les internautes qui doivent les valider. Selon quels critères ? Cela nécessite un apprentissage et une habitude. Sur les réseaux sociaux par exemple, le nombre de posts qui proposent un événement comme s’il venait de se passer le jour même alors qu’il date de plusieurs années en arrière démontre que les internautes manifestement ont oublié de vérifier la date de publication, ce qui est le minimum avec la mention de l’auteur.

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